Année jubilaire à Beaune

mercredi 23 janvier 2019


Pèlerinages au sanctuaire de l’Enfant Jésus
à Beaune en 2019
400e anniversaire de la naissance de la Vénérable Marguerite du Saint-Sacrement



L’année 2019 est une année jubilaire au sanctuaire de l’Enfant Jésus à Beaune, à l’occasion du 400e anniversaire de la naissance de la Vénérable Marguerite du Saint-Sacrement.

Cette année jubilaire s’ouvre en janvier par une neuvaine sur le thème de la spiritualité de l’enfance.

Programme
  • Vendredi 25 janvier 2019 Ouverture de l’année jubilaire

17h30 dévoilement de la plaque commémorant la présence de la Vénérable Marguerite du Saint-Sacrement à l’ancien Carmel place Ziem
18h30 Messe présidée par Mgr Roland Minnerath au sanctuaire de l’Enfant Jésus Roi de Grâce
Petite Couronne

  • Samedi 26 janvier

17h30 Vêpres du dimanche
18h30 Messe et Conférence : l’Enfance spirituelle dans l’Ancien Testament
Petite Couronne

  • Dimanche 27 janvier

17h Vêpres de la Sainte Famille Petite Couronne
17h30 Messe votive de la Sainte Famille
L’Enfance avec Jésus, par le Père Marc Gérault

Bénédiction des enfants

  • Lundi 28 janvier

18h Vêpres de l’Annonciation
18h30 Messe votive de la Vierge Marie
« L’Esprit d’enfance chez sainte Thérèse de l’Enfant Jésus » par le Fr. Emmanuel-Marie Lucet, ocd
Petite Couronne

  • Mardi 29 janvier

18h Vêpres de la Nativité
18h30 Messe votive de l’Enfant Jésus
« L’Esprit d’enfance chez saint Jean de la Croix » par le Fr. Emmanuel-Marie Lucet, ocd
Petite Couronne

  • Mercredi 30 janvier

18h Vêpres de saint Joseph
18h30 Messe votive de saint Joseph
« L’Esprit d’enfance chez sainte Thérèse d’Avila » par le Fr. Emmanuel-Marie Lucet, ocd
Petite Couronne

  • Jeudi 31 janvier

18h Vêpres de l’Epiphanie
18h30 Messe votive du Saint-Sacrement
« L’Esprit d’enfance chez la Vénérable Marguerite du Saint-Sacrement » par le Fr. Emmanuel-Marie Lucet, ocd
Petite Couronne
Exposition du Saint-Sacrement, adoration en silence

  • Vendredi 1er février

18h Vêpres de saint Etienne
18h30 Messe votive du Sacré-Cœur
« L’Esprit d’enfance dans notre monde contemporain » par le Père Yves Frot
Petite Couronne

  • Samedi 2 février Présentation de Jésus

18h Vêpres de la Présentation
18h30 Messe de la Présentation
« Marie et l’Esprit d’Enfance » par Mgr Patenôtre, évêque émérite de sens-Auxerre
Petite Couronne

Marguerite du Saint-Sacrement (1619-1648), l’Epouse de l’Enfant-Roi

« 1637. Après 12 ans de mariage, le roi Louis XIII et Anne d’Autriche n’ont toujours pas d’enfant. Marguerite du Saint Sacrement, au fond de son monastère de Beaune, prie pour la France. Or, un soir de tempête, le Roi se réfugie au Louvre où se trouve la Reine ; le futur Louis XIV est ainsi conçu.

Mais la jeune Carmélite va rappeler au monde que le véritable roi, ce n’est pas le Roi - soleil, c’est le Christ ! Elle dont la taille ne dépassera jamais celle d’une fillette de douze ans est choisie, en ce temps de guerres et de misères, pour répandre le rayonnement de l’esprit d’Enfance ; car, de la crèche à la Croix, Petit Roi de Grâce et Roi couronné d’épines, Jésus veut régner sur nos cœurs.

  • Une « fondatrice » de six mois

Le 7 février 1619, à Beaune, Jeanne Bataille, épouse de Pierre Parigot, donne naissance à son cinquième enfant. Elle en aura encore deux. Ce couple profondément chrétien vit confortablement des revenus de la terre et de la vigne. La petite Marguerite est baptisée le jour même. Six mois plus tard, un événement d’importance se produit : des religieuses du carmel de Dijon, fondé en 1605, après bien des démarches et des difficultés, ouvrent un carmel à Beaune. Le chanoine qui cède au carmel le prieuré Saint-Étienne n’est autre que le grand-oncle de Marguerite. Aussi pose-t-il une condition à cette cession : que sa nièce soit reçue au monastère, quand elle en aura l’âge, en qualité de « fondatrice » !

Comme les mariages, qui étaient arrangés, ainsi sont préparées les vocations. Marguerite pourrait se révolter d’avoir été ainsi destinée au cloître ! Et pourtant, l’Esprit Saint va fondre sur cette âme d’enfant et la conduire précocement à une étonnante maturité spirituelle. Elle est douce et docile, gracieuse, et à ces dons naturels s’ajoute une piété grandissante. À cinq ans, le Saint-Sacrement l’attire comme un aimant et elle fait à Dieu dans le secret de son cœur l’offrande d’elle -même. Parfois, le froid la saisit au point qu’elle pense s’évanouir dans l’église, mais l’Esprit Saint la revêt d’une douce chaleur et elle peut continuer sa prière. Précoce aussi, et surnaturelle, est son attirance vibrante de tendresse pour les pauvres si nombreux en ces temps de guerres et d’épidémies. Elle accompagne sa mère dans ses visites aux malades et vainc ses répugnances en changeant les pansements souillés. Le dépouillement de Jésus qu’elle contemple dans la crèche fait naître en elle le dégoût de la richesse, des vêtements recherchés, des mets délicats.

  • « Ne pas montrer nos souffrances »

Tout semble sourire à la petite Marguerite : menue, un visage fin, un caractère aimable, un sourire délicieux, elle charme tous ceux qui la connaissent. Mais elle souffre d’accès de mélancolie, de tristesse, elle voit des monstres, entend des cris. Ses crises de convulsions font pleurer d’inquiétude sa mère qui, à chaque fois, l’emporte devant le Saint -Sacrement. De ce déséquilibre nerveux, Marguerite ne guérira jamais complètement.

Au milieu des pires souffrances morales et physiques, Marguerite garde la paix et la sérénité. Elle résiste aux tentations et aux assauts du désespoir, son secours est la prière, de jour comme de nuit. Elle écrit à l’âge de dix ans cette réflexion étonnante qui explique son égalité d’humeur : Quand le Bon Dieu nous envoie des souffrances, nous devons nous efforcer de les cacher en nous et de ne pas les montrer aux autres qui ne sont pas chargés de les porter.

La mort de madame Parigot vient mettre un terme brutal à l’enfance de Marguerite. Sur son lit de mort, sa mère la console et lui promet qu’elle sera carmélite. Marguerite, anéantie, court à l’église Notre-Dame. Prosternée devant la statue de la Vierge, elle la supplie de lui tenir lieu de mère et comprend dans son cœur qu’elle est exaucée.

  • « Enfermée » dans l’Enfance de Jésus

Le soir même des obsèques, Marguerite, dans sa robe de deuil, est conduite au carmel par son père. Malgré son chagrin, elle est aussitôt inondée de joie. Elle est accueillie par mère Élisabeth de la Trinité, prieure, et mère Marie de la Trinité, maîtresse des novices. Deux heures durant, la pensionnaire de onze ans et demi va entretenir les deux saintes femmes de commentaires enflammés sur le Saint-Sacrement. Dès le lendemain, elle est admise à faire sa première communion et entend Jésus l’appeler : Ma petite épouse.

Cette fillette, dont la sagesse et le sérieux coupaient des autres enfants, s’adapte très rapidement à la vie de la Communauté. Elle découvre la dévotion à l’Enfant Jésus, prospère au Carmel depuis sainte Thérèse d’Avila et prônée par l’École Française, alors en plein essor. Marguerite fait sien, sans peine, le vocabulaire bérullien : L’Enfant Jésus m’a enfermée dans les douze années de son Enfance.
Mais une fois tombée l’exaltation des premières découvertes, les tentations reprennent le dessus. Elle voit la main du diable, des animaux affreux, des fléaux à venir ; elle perd le sommeil et ne peut prendre aucune nourriture tandis que des convulsions atroces tordent ses membres, suivies de longs assoupissements, de crises de frayeurs, de larmes. Les médecins parlent d’épilepsie, intrigués pourtant par la lucidité, la modestie et la douceur dont leur jeune patiente ne se départit pas. Le 6 juin 1631, à douze ans, épuisée et amaigrie, Marguerite reçoit l’habit de novice ; deux jours après, elle est trépanée, assise en toute conscience sur une petite chaise de paille. Elle pense au couronnement d’épines, exhale un léger soupir et se laisse faire, tandis que les médecins qui cherchent une tumeur dans le crâne découvrent un cerveau parfaitement sain. Les crises se succèdent jusqu’au 31 juillet où l’apparition de l’Enfant Jésus, assis au bord d’un puits, guérit Marguerite.

  • L’Esprit d’Enfance et la grâce de la croix

Marguerite peut commencer son noviciat. En août, Jésus l’in vite à être participante à l’état de son Enfance. Pendant six mois, elle va se trouver comme dans un paradis perpétuel. Ses sœurs la voient parfois lavée de pureté, embaumée de chasteté, le visage brillant d’une blancheur éclatante, s’abstenant un temps de toute nourriture. Ce sont ses vertus surtout qui frappent ses compagnes et ses supérieures : une humilité souvent mise à l’épreuve, une obéissance qui prend le pas sur sa nature entière et indépendante.

Le 7 février 1632, Jésus l’encourage à la pénitence : Il faut que tu apprennes maintenant la science de ma Croix. Comme la petite Thérèse de Lisieux deux siècles plus tard, Marguerite est chargée du poids des pécheurs. Maladies, souffrances, infirmités ne la quitteront plus. Avertie des péchés et des désordres qui se produisent dans un monastère ou dans la personne d’un prêtre, elle ressent amertume et angoisse, elle souffre pour les orgueilleux et les impurs, pour les âmes vaniteuses, pour les paresseux et les blasphémateurs.

C’est à l’Épiphanie 1632 qu’elle signe son acte de consécration : L’épouse du Saint Enfant Jésus en sa crèche. Elle fait sa profession solennelle le 24 juin 1635 ; Jésus lui apparaît sous la forme d’un enfant, lui remettant anneau, couronne et robe avec cette promesse : Je ne refuserai rien à tes prières. L’année 1636 est effroyable pour la France : guerres, invasions, sièges. Jésus confie à Marguerite : C’est par les mérites du Mystère de mon Enfance que tu surmonteras toutes les difficultés. Marguerite crée alors la « Famille du Saint Enfant Jésus » dont les « domestiques » vivront des vertus de l’Enfance et réciteront la Petite Couronne. Cette dévotion quitte très vite les limites du cloître. L’armée ennemie se retire et la Bourgogne va connaître deux siècles de paix.

  • L’arrivée du petit roi

Le 15 décembre 1637, tandis que toute la France prie pour la naissance d’un héritier au trône de Louis XIII, Marguerite est avertie de la grossesse de la reine, avant Anne d’Autriche elle-même ! Devenu roi de France, Louis XIV viendra au carmel de Beaune en 1658 remercier les sœurs pour leurs prières. Mais c’est un autre roi qui va faire son entrée au monastère.

En effet, la renommée de Marguerite est parvenue aux oreilles d’un gentilhomme normand, le baron Gaston de Renty. Il se rend au carmel en 1643 sans voir Marguerite qui vit de plus en plus retirée. Il lui envoie, en novembre, la statue qui deviendra le cher Petit Roi de Grâce. Suite à un malentendu, cette sculpture arrive, humblement, avec le courrier : J’ai été bien étonné, écrit M. de Renty un mois plus tard, quand j’ai su que le petit Jésus a été porté par la poste. Mon Dieu ! Comment se fait-il que tout n’ait été brisé à être secoué près de cent lieues durant !
Marguerite avait eu quelques années auparavant l’inspiration de faire construire une chapelle dédiée à l’Enfant Jésus ; elle sera consacrée le jour de Noël 1639. L’arrivée du Petit Roi coïncide avec la mort de mère Marie de la Trinité en décembre 1643. En 1644, Gaston de Renty rencontre Marguerite : Le Fils de Dieu fit une liaison si étroite de ces deux âmes que ce ne fut plus qu’un cœur et qu’un esprit. Ce saint homme qui est le directeur spirituel de la prieure, mère Élisabeth de la Trinité, se remet entre les mains de la jeune carmélite de 25 ans : Je m’abandonne à vous, ma très chère sœur, afin que vous m e formiez selon le désir de votre saint Epoux.

« Quand tout sera consommé, l’Enfant Jésus me tirera à lui »

En mars 1648, on l’installe à l’infirmerie d’où elle ne sortira plus. Alors que son corps est un abîme de souffrances, son âme est un abîme de paix et de joie : Il ne semblait pas que ce fut une créature mortelle, mais une âme déjà régénérée par la gloire.

Jusqu’à la fin, elle remercie ses sœurs et les console : Vous me trouverez toujours au Saint- Sacrement. Elle s’éteint le 26 mai dans la matinée. Arrivent alors au carmel un défilé de fidèles ainsi qu’un volumineux courrier pour rendre un dernier hommage à la petite sainte. Gaston de Renty, qui suivra de peu sa sœur d’âme, écrit : Dieu a retiré au Ciel ce que la terre n’était pas digne de posséder. Saint Jean-Eudes avait vu Marguerite peu avant sa mort : Je ne puis dire le respect et la dévotion que le saint Enfant Jésus a imprimés dans nos cœurs au regard de sa sainte épouse ; nous avons déjà ressenti plusieurs effets de sa charité, spirituels et corporels. En effet, exaucements et miracles se succèdent. Marguerite est déclarée Vénérable en 1873. » »

Le calendrier de la Sainte Enfance de Notre Seigneur Jésus Christ

« Ce calendrier a été dicté par l’Enfant Jésus à Marguerite.

L’ordre des mystères que nous devons honorer en Jésus depuis l’incarnation jusque l’âge de douze ans et qui sont répartis sur toute l’année.

Marguerite explique « cette petite dévotion a été instituée pour honorer la Sainte enfance de Jésus de laquelle elle dépendra et par la grâce de laquelle elle subsistera ayant pour chef Jésus, Marie, Joseph.

Il nous faut donc faire basculer notre vie en Dieu. C’est bien là l’enjeu de la croissance spirituelle, être possédé par Dieu, envahi par Dieu. Imaginons que notre être soit un réservoir vide. De quoi le remplissons-nous ? De Dieu ou des misères de la terre ?

Pour remplir notre être nous avons une pompe ; les puissances de l’âme (La mémoire, l’intelligence, la volonté) à quoi utilisons-nous nos puissances de l’âme et vers quoi les orientons-nous ?

Le calendrier de l’Enfance éduque nos puissances à se tourner vers Dieu, au jour le jour. Comment ?

Le P. Condren dira « Etre entre les mains de Dieu comme un enfant entre les bras de sa mère et pratiquer le renoncement à la volonté propre, l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose, la simplicité, la pureté, la mansuétude et l’innocence. »
Pour se faire il faut d’abord le désirer, et prendre une détermination déterminée. Autrement nous pourrions nous décourager tant nous allons nous rendre compte que nous sommes loin de Dieu.

Nous allons orienter notre volonté vers Dieu d’une manière déterminée en commençant par ces 9 semaines en l’honneur des neuf mois où Marie a porté Jésus en son sein.

Il nous faudra être inventifs, chacun sa recette pour le rappel de Dieu : faire des mémos un peu partout, faire son petit Nazareth, endroit de la maison où l’on revivra l’Enfance. Instituer une tradition de l’avent chez soi. Il y a le calendrier avec les fenêtres qu’on ouvre chaque semaine.

Toutes ces petites pratiques de piété extérieures nous permettront de rentrer dans la méditation profonde et le dialogue avec Dieu. Devant notre pauvreté et bonne volonté, l’Enfant Jésus ne manquera pas de nous répondre.

Il faut surtout se pénétrer de l’esprit de Jésus enfant et pratiquer son humilité, sa simplicité, sa pureté, sa mortification en un mot épurer et transformer sa vie en faisant fleurir dans l’âge mûr les vertus de l’enfance et en prolongeant dans l’intérieur de la famille l’esprit qui animait les habitants de la pauvre maison de Nazareth.

« Mon épouse ne crains pas, je travaillerai avec toi, tous mes biens sont tiens, je te donne les mérites de mon enfance. Ce sera par ce mystère que tu surmonteras toutes les difficultés. Ce mystère que je veux que tu honores singulièrement sera ton bouclier et ta défense. Il sera ta forteresse et tous les états de mon enfance qu’il renferme depuis mon incarnation jusqu’à la douzième année que j’allais au temple pour les affaires de mon Père seront les armes dont tu te serviras pour assister le peuple . » Il lui enseigna ensuite la manière de l’honorer dans tous ses états de son enfance et lui prescrivit l’ordre et les règles qu’elle dicta et qui donnèrent la dévotionnelle d’où nous allons puiser nos dévotions pour le culte à l’enfant jésus.
Marguerite demanda un petit oratoire à l’intérieur du couvent qu’elle appela son Nazareth dédié à l’enfance de Jésus où elle alla faire ses dévotions et poursuivre avec Dieu cette conversation ininterrompue dont les pécheurs et la ville de Beaune allaient bientôt ressentir les heureux effets. Guerre et peste sévissaient en Bourgogne en cette année 1636. Marguerite pria d’une manière ininterrompue de Mars 1636 au 15 mars 1638, date à laquelle le roi louis XIII va faire une procession à Notre Dame pour mettre la France sous sa protection spéciale. »

Petite Couronne

Tous les jours à 18h10

Avant la messe de 18h30 (du lundi au vendredi)
Sauf Samedi et dimanche à 18h. Pas de messe le Samedi.
Messe du dimanche à 8H30.

« La Vénérable Marguerite du Saint Sacrement, Carmélite de Beaune au XVIIe siècle, institua en 1636 la dévotion au mystère de l’Enfance de Jésus par la prière de la Petite Couronne alors que la France traversait une période effroyable de guerres et de grande misère pour tout le peuple.

La dévotion se propage et l’armée ennemie se retire, la paix s’installe.
Aujourd’hui encore, Marguerite nous incite à prier avec une confiance absolue et à nous abandonner à « l’Enfant Jésus qui ne permettra jamais rien sur nous de quoi il ne retire sa gloire et notre bien ». »

La Vénérable Marguerite du Saint Sacrement

(Extrait du livre de Louis de Cissey, 1862)

« De toute la vie cachée de Notre-Seigneur, les mystères de la Sainte-Enfance sont les seuls que l’Évangile nous ait révélés. En se taisant sur les autres, l’Esprit-Saint semble avoir mis toutes ses complaisances à fixer notre attention sur les abaissements et les amabilités de Jésus-Enfant, dont il retrace avec une ravissante simplicité la naissance merveilleuse, le doux apostolat auprès des bergers de Bethléem et des mages d’Orient, la fuite en Égypte, l’étonnante apparition au milieu des docteurs, les humbles occupations résumées par ces paroles : Il était soumis. Aussi, ces mystères ont-ils toujours été chers aux chrétiens, quoiqu’il fût réservé à ces derniers temps de l’Eglise de leur consacrer une dévotion particulière. Au dix-septième siècle, elle se révèle subitement, pénètre tous les cœurs, et les amène à la pratique des naïves vertus qu’on est convenu d’appeler celles de l’Enfance chrétienne, parce qu’elles sont l’application pratique de ces paroles de Notre-Seigneur : « Si vous ne devenez semblable à un petit enfant, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. »

D’où venait cette dévotion qui attira spontanément tant d’âmes à Dieu, en les arrachant aux passions des luttes et à la contagion des hérésies, fruits amers des guerres religieuses qui désolaient notre patrie ? Faut-il l’attribuer à quelqu’un des grands saints qu’une inépuisable miséricorde suscite alors ? Non ! Son origine est plus humble et plus en rapport avec la crèche de Bethléem. Une pauvre Carmélite, sœur Marguerite du Saint-Sacrement, en reçu les instructions et la propagea en toute l’Europe. C’est elle qui fut dépositaire de ses trésors, c’est par elle qu’après bien des vicissitudes est arrivé jusqu’à ces jours, où elle se dilate de nouveau, s’étend à toutes les classes, à toutes les conditions, et surtout parmi les enfants, âge heureux auquel Jésus réserve ses plus tendres prédilections.

L’association érigée en l’honneur de la Sainte-Enfance de Jésus, par sœur Marguerite, approuvée par les bulles des souverains pontifes Innocent X et Alexandre VII, en 1653 et 1661, vient, par un indult pontificat, donné à Rome le 4 décembre 1855, d’être élevée au rang d’Archiconfrérie, privilège insigne et rare dans l’Eglise qui rendra à l’œuvre de la servante de Dieu le développement et la vie que le Saint-Esprit lui avait autrefois donnée.

« Les révolutions ont ralenti son mouvement, dit l’auteur du Manuel de l’archiconfrérie de la Sainte Enfance, mais il ne s’est jamais arrêté. La sœur Marguerite a prédit que si l’association de la Sainte-Enfance s’affaiblit avec les mauvais temps, le divin roi de la crèche la tirera plus tard de ces ténèbres passagères, pour la faire prospérer encore. Ces jours semblent arrivés. Les bénédictions de Pie IX multiplieront ce grain de sénevé, encore caché dans l’ombre, prouve qu’en grandissant comme un rameau de grâce, il puisse abriter les oiseaux du ciel dans son feuillage, et les nourrir de son fruit. Il est tant d’âmes qui, dans les épreuves de la vie, ont besoin de repos ! Où le trouveraient-elles plus délicieux que sur le cœur de Jésus-Enfant ! »

La dévotion à la Sainte-Enfance de Jésus est tout entière dans le récit de la vie de celle qui fut son épouse privilégiée et qui en reproduisit l’image parmi nous ! C’est là qu’on pourra le mieux apprendre à la connaître, à l’aimer, à s’en pénétrer. Cette vie n’a jamais été examinée à Rome, mais elle a été dans le diocèse habité par cette humble fille du Carmel, l’objet de la plus minutieuse enquête, et tous les faits surnaturels qui lui sont attribués ont été soigneusement vérifiés par un pieux et savant prélat, Mgr d’Attichy, qui les confirma de la manière la plus éclatante. Pour Mgr d’Attichy, comme pour tous les chrétiens du dix-septième siècle, Marguerite était la grande sainte – M. Ollier l’appelait ainsi – dont l’Eglise pouvait alors se glorifier. « Les vertus de son âme, écrivait un autre évêque, ont un fondement si solide, qu’il ne faut pas s’étonner si Dieu a bâti sur elle un des plus hauts édifices de la grâce. La vie de Marguerite prouve que les grandes familiarités de Dieu avec son Eglise ne sont pas toutes renfermées dans les siècles précédents, et que les âmes religieuses d’aujourd’hui ne le cèdent pas aux plus illustres des temps passés. Si l’Allemagne a eu sa Gertrude, l’Italie ses Catherine, l’Espagne sa Thérèse, la France peut s’honorer de sa Marguerite. »

La propagation au dix-septième siècle de la dévotion à la Sainte-Enfance fut un gage de la miséricorde divine, accordée à la société française après les cruelles épreuves qu’elle venait de traverser. Pour l’arracher aux habitudes de licence développées par de longues années de troubles et de guerres, Dieu lui offrit, avec l’incomparable prestige des miracles et des merveilles les plus extraordinaires, le spectacle de la vie de Marguerite, image fidèle de l’Enfance de Jésus et des simples vertus pratiquées par la Sainte famille de Nazareth.

Là, rien ne les dérobait aux regards, elles appelaient au contraire toutes les âmes à elles par leurs puissants attraits. Là se trouvent encore les exemples les plus capables de raviver la piété dans nos âmes ébranlées par des secousses aussi violentes que celles éprouvées par nos pères. Nos cœurs, si souvent abattus et découragés, ne se sentent-ils pas, malgré leurs défaillances, gagnés sans efforts par l’aimable dévotion qui offre à leur amour, dans la douceur ravissante de la crèche, celui qu’ils n’eussent osé suivre sur la voie douloureuse de la Croix ? »

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